Tragédie à l’italienne

23 août 2016, 3h35, région du Latium, centre de l’Italie. Une nuit paisible, comme celle de la veille, sans doute même, comme celle de l’avant-veille. Et puis… les plafonds se sont effondrés sur les doux dormeurs… La terre a tremblé, faisant chuter voitures, habitations, clochers, dans des précipices que le séisme, de magnitude 6.2 sur l’échelle de Richter, s’est amusé à creuser.

Quelques heures après le drame, quand le monde s’est éveillé, il y avait 38 morts, des centaines de blessés, pour venir lui souhaiter la bonne journée. Il y en a désormais plus de 250.

Que décrire d’un séisme ?… Eh oui… compliqué… Alors je ne m’y attarderai pas. Plus d’abri, plus de nid… plus de vie… Que faire en effet quand son toit, en qui on avait toute confiance, qui nous protégeait contre vents et marées, s’effondre comme un château de cartes assailli par une bourrasque ? Rien…

Dans ce chaos, sous le choc, femmes et hommes ont pourtant décidé de rester debout… De rester debout pour ceux qui ne le pouvaient plus, coincés sous les décombres, écorchés par des chutes de pierre. Alors, sans les secours, incapables d’intervenir du fait des routes bloquées et des ponts effondrés, ils ont lutté, hagards, contre les gravats, la fatigue, contre la mort, pour les autres… Ils ont lutté, toute la nuit, ont pleuré, hurlé, jusqu’à voir la cavalerie arriver, jusqu’à voir le soleil se lever, jusqu’à n’en plus pouvoir, tout simplement.

italie
– Capture d’écran Le Monde – Le soleil se lève juste sur les débris de ce qui était il y a quelques heures un village de la région du Latium. Les habitants des alentours, unis, soulèvent à bout de bras un blessé.

Dans ces moments d’horreur, dans ces instants de peur, comment ne pas s’émerveiller devant la force des hommes, rassemblés derrière un même sentiment, une même tristesse, un même espoir ? Comment peut-on ignorer leur courage, leur rage, l’envie de vivre, de faire vivre ? Après le tremblement de terre, c’est la grâce qui a enveloppé les villages du centre de l’Italie. Et si dans les mémoires, c’est l’ombre qui restera, moi, le blanc rêveur, je ne retiendrai que l’ardeur, la valeur, de ceux qui, face aux caprices de la nature, se sont levés… Je retiendrai l’énorme élan de solidarité national, mondial même, que cette catastrophe a permis de créer… Je retiendrai enfin, par ces scènes de retrouvailles, ces sauvetages inespérés, l’émotion de ceux qui représentent si bien les valeurs de l’humanité.

Le blanc rêveur


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