Macron sonne le glas de la présidence Hollande

Les séparations de crise semblent avoir le vent en poupe dans le gouvernement Hollande. Après Cahuzac, poussé dehors pour incompatibilité administrative et financière, après Ayrault, tout simplement trop transparent, après Taubira, refusant de participer à la débandade idéologique de son parti, c’est Macron, jusqu’alors ministre de l’économie , qui décide de prendre la porte. C’est un nouveau pavé dans la mare qui vient éclabousser un peu plus le Président de la République…

Pour ce papier, le blanc rêveur s’est fait porter pâle… Il n’a rien trouvé à dire de cette démission prévisible… À l’époque où Christiane Taubira quittait le navire, il avait admiré le courage de la femme. Aujourd’hui, il aurait préféré laisser l’homme en noir dire ce qu’il pensait du bouillant ministre.

Attention toutefois, j’ai essayé, moi Monsieur Gris, de contenir du mieux possible les explosions de rage de mon cher homologue, afin de proposer un débat calme et posé, et de comprendre quelles sont les différences entre les précédents abandons et celui-ci.

Pour commencer, qui est Emmanuel Macron ? Eh bien, un surdoué. Il a fait Henri IV, l’ENA… Des études qui en ont mené tant aux sommets de la hiérarchie française. Banquier d’affaire à 31 ans, millionnaire à 35, il entre dans le gouvernement un an plus tard. Son passage à Bercy aura duré 2 ans et 4 jours, un temps correct, par les temps qui courent. On en retiendra sans doute la loi Macron, qui rassemble des assouplissements de travail le dimanche et de nuit, une réforme judiciaire au niveau des Prud’hommes, une modification du licenciement collectif, une libéralisation des emplois réglementés ou encore une ligne nationale de bus dont on attend encore les résultats. On retiendra aussi sa belle gueule, et ses coups de gueule. D’abord, sa popularité quelque peu paradoxale, aux côtés d’un gouvernement pas très apprécié par la population. Ensuite ses sorties médiatiques rarement impeccables, souvent désastreuses face au peuple ou face à ses propres alliés.

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– Capture d’écran – Traître pour les uns, visionnaire pour les autres, Emmanuel Macron a toujours tout fait pour cultiver sa différence.

Ces derniers temps, il avait montré sa différence… Oh, par des astuces très fines, et discrètes… Non, je plaisante… Il a tout simplement créé un parti politique, son parti, « En Marche », alors qu’il était dans le gouvernement. Il a aussi eu la délicatesse d’expliquer aux journalistes qu’il n’était pas socialiste… Fin, discret…

Et puis il a décidé, d’un coup, qu’être à la tête d’un ministère n’avait rien d’enivrant… Alors il s’en est allé. C’est un peu l’impression qui prédomine aujourd’hui, Macron a lâché tout le monde. Le gouvernement parle d’une décision égoïste, tente de le faire passer pour un traître… Ce qui n’est pas loin d’être vrai, (me dit à l’instant l’homme en noir… peut-être, mais là n’est pas la question). Le reste de la gauche, toujours plus divisée, condamne comme il se doit l’affront. L’opposition fait quant à elle son travail, en se moquant allègrement de cette énième claque pour le PS. Le FN, enfin, poursuit son travail de démolition, entonnant son éternel refrain si irritant… « Tous les mêmes, votez bleu marine ! » … Et malheureusement pour nous, il ne manque pas de grain à moudre…

Voici donc pourquoi cette démission aura une résonance bien plus importante que les précédentes. Nous sommes à moins d’un an des élections présidentielles, et le bonhomme charismatique du gouvernement se casse de la maison socialiste pour refaire le monde à quelques pas de là… Pendant ce temps, l’opposition jubile, Hollande est plus faible que jamais, une nouvelle fois trahi par un de ses disciples. La gauche… enfin, la gauche, au sens le plus large qui soit, se disperse encore et encore… Vers un nouveau 21 avril ? L’hypothèse prend forme…

 

Monsieur Gris


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