Espoir en marche (arrière)

En ces temps politiques troublés par l’approche de l’échéance de 2017, nul sentiment ne fait plus recette que l’espoir.

Un espoir qui laisse de marbre l’Homme en noir dont ce n’est pourtant pas la couleur. Lorsque l’on m’a dit que le chômage reculait, que l’économie repartait, que l’on se dirigeait vers un coin de ciel bleu dans l’orage, la flamme de l’espoir s’est soudainement ravivée. Mon espoir, une source d’énergie que je pensais inépuisable car sans cesse renouvelée. Une flamme pourtant bien vite éteinte par une autre, tricolore. Une flamme portée aux nues par de plus en plus de partisans aveuglés par le blond de sa lumière sans se souvenir qu’à trop vouloir jouer avec le feu on se brûle. Son but est simple, éteindre toutes les autres, cette fois, sans distinction de couleur. La mienne n’y résistera pas longtemps je le crains, car sans volonté, l’espoir est fou, faible et corruptible. Car enfin, qui ne veut pas avoir d’espoir. Moi le premier je me laisse bien volontiers prendre au jeu. Et c’est là le danger. Alors que la flamme nationale monte, la mienne s’étiole. Comment alors retrouver l’espoir ? Comment raviver un feu dans la tempête ? L’espoir, c’est là tout ce que je recherche. Et certains sont prêts à m’en donner. Beaucoup. Trop peut-être…

L’espoir, de nos jours ce n’est plus vraiment un sentiment, mais plutôt une idée. On ne ressent plus l’espoir, on aime simplement l’idée que l’on s’en fait. En ce sens, je ne juge plus la politique et ses chimères par ses actes, mais bien par ses paroles. Non plus par ses lois, mais plutôt par ses slogans.

Un état de fait connu de tous mais qui entraîne la rage de l’Homme en noir qui m’enjoint à réfléchir : « En 2017, tu penses donner ton vote à un slogan, à un écran de fumée ou à ce qui se trouve derrière. En gros, penses-tu sacrifier ton intelligence sur le bûcher des vanités de la politique française ». De là je réfléchis : « L’Homme en noir exagère. Il va trop loin. Je suis compatissant mais je n’en suis pas pour autant un faible d’esprit ».

Mais après réflexion, La politique autrement, Le changement c’est maintenant, n’est-ce pas là une autre façon de masquer une ambition politique devenue dévorante. N’est-ce pas là un moyen de se faire mettre en avant, sous couvert d’une dévotion sans faille. Quand revient alors sur la pointe des talonnettes un habitué de ce genre de tartuferies, il convient peut être de s’interroger, me suggère l’Homme en gris : « Comment promettre de tout donner pour la France quand on lui a déjà tout pris ? Comment imaginer demain, quand on est la cause d’aujourd’hui ? » Devant tant de questions, je parviens enfin à comprendre pourquoi certains quittent le navire. Peut-être est-ce pour mieux repartir seul. Mais enfin, avec tant de casseroles accrochées au pied, comment espérer rejoindre à la nage un bateau ? Même si celui-ci est en train de couler ?

Face à une scène si grotesque difficile de trouver l’espoir, même lorsque l’on rêve… Car enfin, même dans notre imaginaire, je me demande bien qui incarnerait à l’heure actuelle la flamme de l’espoir sans piocher dans les braises toujours incandescentes de la flamme nationaliste…

 

Le blanc rêveur


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