Qui est qui ?

Comment pouvais-je rater Halloween !!!

Impossible… Alors me voilà !

Je ne vous prendrai pas longtemps en otage, simplement le temps de voir avec vous comment vont se déguiser ce soir nos chers politiques français…

Nicolas Sarkozy : Commençons par mon préféré. Cet éternel revenant, qui avait annoncé il y a quatre ans sa retraite politique, a de quoi terrifier n’importe qui. Toujours là où on l’attend, c’est à dire à droite du cortège, flirtant parfois avec le trottoir, il sait allier petit sourire cajoleur et froide méchanceté. La taille en prime, notre ancien président a tout d’un Gremlin.

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François Hollande : On ne s’attardera pas dessus, une tête de citrouille lui ira à ravir, et ça nous fera des vacances.

La famille Le Pen : Marine est sans doute la plus gore de cette liste. Elle s’invitera à la fête en LeatherFace. Adepte des meurtres baroques, dissimulé derrière son masque constitué de peau humaine, le méchant de Massacre à la tronçonneuse conviendra très bien à la dirigeante du F Haine, le temps de cette folle soirée.

Maintenant, donnez moi le père… Bah… L’uniforme en vogue dans les année 40 en Allemagne fera ressortir son œil bleu à la perfection, tout comme le reste de ses cheveux plus très blonds d’aryen.

Enfin, Marion pourra se parer d’une robe blanche et d’un chapeau pointu, comme à la grande époque de l’inquisition américaine… Mais si, quand ils faisaient brûler des noirs !

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François Fillon : Négatif, un peu dépressif, fataliste… Fatalis quoi… l’ennemi juré des 4 Fantastiques.

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Jean-François Copé : Aaaaah, ce bon Jeff… Eh bien… Qu’il vienne comme il est, il me fait déjà bien assez peur, bourré de bêtises comme il est.

Manuel Valls : Je suis sûr que vous y avez pensé aussi, Hannibal Lecter, on est d’accord ou pas ? Derrière des airs extrêmement respectables, un psychopathe cannibale pourrait aisément se cacher, dangereux pour son propre parti, ce carnassier risque de bouffer bon nombre de concurrents aux primaires de gauche.

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Le gouvernement socialiste : Des zombies, évidemment, pas que ce soit contre eux, mais on a l’impression assez dérangeante d’accorder notre confiance à des poulets sans tête, qui suivent un président qui n’en a pas non plus (la citrouille)…

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Bonne fête d’Halloween.

L’homme en noir

Le ciel comme seul toit

Le blanc rêveur a pleuré fort cette semaine, très fort même. Il se baladait, tard le soir, dans les rues de sa ville, un vendredi soir… Vous connaissez le blanc rêveur, amoureux de tout, de rien, amoureux de la fête aussi, du rire, des larmes…

Ce soir-là, le blanc rêveur s’est vu de haut, dans un état second, son corps marchait gaiement, son esprit, plus flottant, s’amusant de se voir ainsi amener.

À faire le pitre, le blanc rêveur a fini par se faire mal, forcément. Il a ralenti le pas, a pris le temps. Quand on va moins vite, ce qui nous entoure prend de l’importance.

Cette importance, elle s’est portée sur un groupe de clochards, assis, sous un porche, avec des couvertures, de gros manteaux usés, pour se protéger du froid qui vient, lancinant, en cette fin octobre, ce froid qui mord, surtout quand on reste dehors…

Sans leur adresser un mot, le blanc rêveur s’est délesté d’un petit billet. À cet instant, c’était sa manière à lui de les accompagner.

Retrouvant le sourire, fier de son geste, il a poursuivi sa route en souriant, emporté par ses compagnons.

Coup du sort ? Il n’en saura jamais trop rien, ce qui est sûr, c’est qu’une heure plus tard, le blanc rêveur a rebroussé chemin, il est revenu voir ces hommes, cette femme, qu’il avait croisés, à qui il avait donné un billet.

Ces hommes, cette femme, qui n’avaient pas bougé, eux, quand le blanc rêveur et ses amis s’amusaient, parlaient de filles, parlaient d’acheter une quille, de quoi se désaltérer après cette dure journée…

Bref, ils sont repassés.

Ils sont repassés, et cette fois, se sont arrêtés. Ils ont discuté, se sont révoltés, ont rigolé… un peu.

Une soirée qui fait du bien, qui change, on se rapproche, on s’accroche… sous un porche…

Après quelques dialogues animés, après que le blanc rêveur ait appris ce qu’il était arrivé à leur vie, un des hommes lui a demandé s’il avait internet sur son smartphone. Bien entendu, le blanc rêveur, privilégié, en avait. Il a prêté le smartphone, a vu l’homme chercher ce qu’il voulait.

Une musique instrumentale, des basses, puissantes, des caisses claires, vibrantes… Après quelques secondes, l’homme s’est mis à chanter, d’une voix acide, presque agressive, il parlait de lui, de sa vie ici. Il disait qu’il en souffrait, qu’il voulait travailler… Un texte très bien tourné, léché, des paroles crues, mais élégantes… Belles quoi…

D’un coup d’un seul, le blanc rêveur s’est mis à pleurer, à pleurer fort, à pleurer vrai. Incapable de comprendre pourquoi cet homme, à la plume si affûtée, si maline, en était réduit à espérer chaque nuit un peu de soutien, une pièce, pour pouvoir survivre. Meurtri aussi par leur douleur, la douleur de n’avoir aucun toit pour se protéger, la seule vitre d’un magasin comme oreiller, leur situation visuelle pour être jugés…

Pendant une bonne dizaine de minutes, le blanc rêveur est resté effondré en larmes, réconforté chaudement par ceux qu’il pleurait…

Une fois calmé, le blanc rêveur s’est finalement levé, pour de nouveau se plonger dans sa soirée.

Après quelques embrassades, le groupe s’en est allé, mais seul le blanc rêveur sait à quel point cet instant s’est gravé dans ses pensées.

Le blanc rêveur

La Manif pour Tous ou retour dans le passé

La vie sexuelle en France est un véritable débat d’opinion. Et pour se faire entendre, un choix s’impose : la rue. Dans ce domaine, ce dimanche, Paris a été lieu d’une sacrée opposition de style. Du côté du métro Belleville, la marche de l’Existrans qui réunit les défenseurs des droits trans et intersexe (on va bâtardiser un peu leur combat) tandis que sur la place du Trocadéro, l’ambiance était plus moyenâgeuse avec les vestiges de la Manif pour Tous qui se réunissait pour continuer sa chasse aux sorcières.

Une riche idée qui a tout de même attiré environ 24 000 personnes selon la police (200 000 selon les organisateurs qui visiblement ont un peu abusé du vin de messe avant de compter). Bon et tout ce petit monde était là pourquoi ? Excellente question ! Tout simplement l’abrogation de la loi sur le Mariage pour tous, passée il y a maintenant plus de trois ans. Rien que ça.

Pas si loufoque que ça pour des personnes qui croient que le petit Jésus a ressuscité après être né d’une mère Vierge. M’enfin bref, on n’est pas là pour juger les religions, ce n’est pas le sujet. En revanche, les religieux, eux, sont l’un des problèmes. À l’heure où le contexte fait que l’on voit des islamistes radicaux de partout, on a tendance à oublier que l’islam de certains n’a pas le monopole de l’extrémisme, du côté du catholicisme aussi, il existe.

Alors oui, pour l’instant il n’y a eu ni tuerie ni bombe en son nom, mais ça n’empêche pas sa présence. Car oui, manifester trois ans plus tard contre une loi déjà existante, c’est certes un déni des valeurs républicaines, mais surtout, une discrimination voire une insulte suprême à tous les homosexuels. En trois ans, on n’a pas entendu parler de cas de pédophilie ou de viol d’homosexuel qui ont profité de cette loi.

En revanche, du côté du clergé, la donne n’est pas la même, n’en déplaise à Barbarin. Alors qu’a-t-on vu durant ce rassemblement ? Pas grand chose à vrai dire. Des personnes donnant des cours de moral aux homos voulant adopté tout en laissant leurs propres progénitures danser sur des abribus avec le drapeau de la Manif’ pour Tous. Pauvres gosses, espérons pour la France qu’une voiture oubliera de s’arrêter quand leurs parents traverseront la route. Oui, je sais, c’est horrible, mais on est trop nombreux sur Terre et quoique l’on en dise, ce ne sont pas les homosexuels qui en sont responsables. Et pour le reste, finalement, la chose la plus intéressante à suivre était sur les réseaux sociaux.

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Bon… Pas besoin de légende…

On va commencer par le Twitter de la Manif pour Tous qui a donné à tous une leçon de communication et de mauvaise foi avec une photo de leur petite sauterie sur la place du Trocadéro ayant pour légende « le Trocadéro est comble ». En même temps avec 200 000 personnes rien d’étonnant ! Sauf qu’ils étaient à peine quelques centaines et cela a été remarqué par des internautes qui a grand renfort de photos (sans les arbres en premier plan) ont montré qu’il n’y avait rien de vrai. En continuant à vagabonder dans les méandres d’internet, on a pu apprécier la photo pleine d’ironie de Marc-Olivier Fogiel où l’on voit son mari et leurs deux enfants en pleine promenade dans les bois. Du grand art à l’heure où l’un des rares arguments de l’anti mariage pour tous est justement l’incapacité des homosexuels à élever correctement des enfants dans une ambiance saine et familiale. Famille toujours, la grande dame de gauche qu’est Geneviève de Fontenay, à proposé l’idée du siècle en rejoignant ses amis de la Manif pour Tous : créer le « gayrage » pour ne pas utilisé le terme de mariage. Une idée qui devrait assurément être proposée à l’Académie française et qui, somme toute, représente très bien la France moyenâgeuse de ces personnes-là !

 

L’homme en noir

Cet argent qui ne fait pas le bonheur

On se plaint. C’est un fait clairement établi : le Français moyen se plaint, revendique, demande, ordonne, réclame, mais n’est jamais content de ce qu’il a. A tort ou à raison, là n’est pas le problème, l’Hexagonal est ronchon et ce, nativement, presque génétiquement.

Pas moi bien-sûr, je suis rêveur et ne me perds jamais dans les méandres de la morosité. Mais est-ce vraiment mieux ailleurs ? Est-ce que le peuple français a raison de se plaindre autant ? Bien-sûr on peut toujours demander plus, mieux et plus vite. Pour me rendre compte de la gravité de la situation, je suis allé faire un tour du côté de nos voisins espagnols qui, dit-on dans certains milieux, sont proches de la misère socialement, économiquement et politiquement.

Difficile d’argumenter sur le côté politique. L’Espagne n’a pas vraiment de gouvernement et même moi je ne suis pas assez optimiste pour y voir un autre côté positif que l’éclatement du sempiternel clivage gauche/droite. Pour le reste, il y aurait beaucoup à dire mais une chose est certaine : l’Espagnol vit mieux que le Français.

Un paradoxe.

En somme, les Français ont bien plus de raisons de bien vivre au quotidien mais décident sciemment de ne pas le faire alors que les Espagnols vivent des temps plus difficiles mais gagnent quotidiennement en qualité de vie. Plus encore, ils avancent là où l’on recule. Contraste étonnant entre ce que l’on pense et la réalité. A tel point que mes homologues plus sombres ne m’ont pas cru et m’ont targué de naïf.

Mais il n’en est rien, ce sont les faits.

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Les ramblas de Barcelone… Là-bas, les gens sont moins riches que nous… Mais n’en ont rien à faire !

Lorsque l’on se balade dans les rues en Espagne, toutes les terrasses sont pleines et les gens vivent dehors, profitant de la vie, criant à pleins poumons leur enthousiasme. Et ce, avec 764 euros de SMIC par mois et alors que la vie est aussi chère qu’en France.

À titre de comparaison, en France c’est 1466 euros, soit pratiquement le double par mois. Alors oui, nous avons raison de demander plus, mais tout de même, la vie est bien plus douce dans un pays dont les habitants gagnent moins. Cela ne doit pas être une question d’argent alors, je dois chercher ma réponse ailleurs. L’immobilier ou l’emploi alors, il doit être plus facile de se loger et de trouver un emploi en Espagne qu’en France.

Que nenni. L’immobilier dans les grandes villes ibériques est au moins aussi cher qu’en France (si ce n’est plus) et le taux de chômage crève les plafonds. À tel point qu’il devient fréquent de voir s’exercer du chantage à l’emploi, consistant à faire accepter sensiblement ce que l’on veut à l’employé qui devra s’exécuter sous peine de se voir remercié. Mais alors les Espagnols ont tout pour être dans notre position d’éternels insatisfaits. Peut-être sont-ils tout simplement résignés à leur sort ? Comme s’ils ne pouvaient pas aspirer à mieux que ce qu’ils ont…Mais non…Si l’on prend pour exemple les Catalans, on se rend bien compte que c’est faux.

Pour en avoir rencontrés quelques-uns, ils créent eux-mêmes des partis apolitiques pour s’extraire du « marasme économique » dans lequel les met, selon eux, le gouvernement central de Madrid. Une initiative 100% populaire pour obtenir des avancées. Une sorte de révolution. Le genre d’avancées dont on est bien loin en France. Il doit être plus facile de se plaindre de l’UMPS comme certains l’appelaient en votant bleu marine. Alors même si elle me passe au dessus, cette morosité, je veux la comprendre. S’il n’est ni économique ni social, peut-être le malaise est-il plus profond. Peut-être cultivons-nous trop notre défiance envers l’autre pour nous rendre compte que l’on n’est pas si mal en France.

Peut-être qu’à force de tourner en rond on ne peut plus enrayer la spirale autodestructrice qui nous anime à tel point que nous l’oublions trop facilement : s’il est plus facile de se plaindre il est autrement plus salvateur de réaliser que la vie est trop courte pour ne pas en profiter.

 

 

Le blanc rêveur

Profitez de votre automne

19 heures, mi-octobre, déjà le crépuscule… Petit, je me serais sans doute blotti dans un coin d’une pièce, à me remémorer les beaux jours d’été…

Aujourd’hui, c’est différent, je n’ai plus peur de l’automne, au contraire, je l’apprécie, du mieux que je le peux… Pourquoi ? D’abord parce que c’est beau, l’automne…

Et puis, je me suis promis il y a bien longtemps de toujours profiter de ce que j’avais. J’imagine aisément que des êtres humains, comme moi, si loin géographiquement, donneraient toutes les richesses du monde pour être à ma place, à regarder le ciel bleu devenir orange, à rattraper une feuille morte dans sa chute, à s’émerveiller devant un vol d’oiseaux migrateurs… des choses si simples…

Alors j’imagine aisément un Haïtien, père de famille, en larmes, mais debout, perdu dans un pays qui n’est plus le sien, un pays dévasté par l’ouragan Matthew, rongé par le choléra…

J’imagine aisément cet homme en larmes prêt à troquer sa force, son courage, pour se mettre à ma place, à moi.

Pour se mettre à la place du type qui brasse son air en vivant bien.

Pour se mettre à la place du type qui n’a que son esprit pour imaginer son horreur.

Pour se mettre à la place du type qui n’a que ses yeux pour voir ce que cet homme en larmes a vécu, que ses doigts pour écrire ce que cet homme en larmes vivra, à des milliers de kilomètres de chez lui…

 

Le blanc rêveur

Alstom ou le syndrome d’Aulnay

L’homme en noir : « Hé vous ne connaissez pas la dernière ? J’en ai ri pendant des heures avant de me demander s’il ne fallait pas en pleurer !

L’homme en gris : « De quoi parles-tu ? Des élections américaines ? Des primaires à droite ?

L’homme en noir : « Ça aurait pu mais, non… C’est presque pire. Je parle bien-sûr du « sauvetage » d’Alstom. Enfin sauvetage c’est un bien grand mot parce que bon, acheter des trains pour sauver l’économie en berne d’un pays… Si ça marchait ça se saurait !! »

Le blanc rêveur (passant par là) : « Ah c’est bien que tu parles enfin de quelque chose de positif. J’ai entendu que tu parlais d’Alstom. Enfin tu te rends compte que les choses vont de mieux en mieux. Que le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour redresser la barre. Bravo à toi, je ne pensais pas que tu t’en rendrais compte ».

L’homme en noir : « Voilà. Tout est dit. C’est contre cela que je m’insurge. Cette naïveté exacerbée. Cette mièvrerie politico-économique sous couvert d’ambition. Qu’en tant que rêveur tu te laisses attirer par les sirènes de la bonne action. Je peux encore le comprendre. Mais quand on te dit que 400 emplois vont être sauvés à Belfort, comme ça, presque sans aucun effort, tu ne trouves pas ça étrange ? Tu ne te demandes pas ce qui se cache derrière ? »

Le blanc rêveur : « Évidemment, je suis rêveur pas naïf. En contrepartie, le gouvernement va acheter des trains. Et ce n’est pas un mal finalement. Les usagers auront de nouveaux trains et des emplois sont conservés, tout le monde est gagnant. Justement même, c’est du jamais vu. L’Etat prend enfin ses responsabilités je trouve ça très fort. »

L’homme en noir : « Et le fait que cet « exploit » ait lieu à quelques mois des élections présidentielles, cela ne te met pas la puce à l’oreille ? »

Le blanc rêveur : « Toi aussi, tu vois le mal partout franchement. C’est de la mauvaise foi. De l’acharnement même ! »

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-Capture d’écran- Les ouvriers d’Alstom vont pouvoir souffler… un peu… pas longtemps… enfin on verra quoi…

L’homme en noir : « C’est toi qui portes des œillères. Tu sais combien coûte ce plan que tu défends avec tant d’ardeur ? 770 millions d’euros. Les mathématiques ne sont peut-être pas ton fort mais ramenés aux 400 postes du site de Belfort, chaque emploi a coûté 1.9 million d’euros dont plus de la moitié qui vient de l’argent public. Penses-tu vraiment que cela a été fait simplement pour la beauté du geste ? Même si en temps de crise chaque emploi compte, je ne peux me résoudre à penser que tu t’arrêtes là dans ton raisonnement. Et si l’on va plus loin, maintenant que l’on est dans les contradictions. Tu veux savoir la meilleure ? Les voies sur lesquelles devraient circuler les trains ne sont même pas adaptées aux trains qui ont été achetés. Elles sont trop petites. Cela veut dire qu’il faut attendre que la SNCF passe au tout TGV pour voir la couleur de tes « trains du salut ». Je ne sais pas si tu comprends l’absurdité de la chose. C’est un peu comme si tu décidais d’aider la pharmacie du coin, avec tout l’argent de tes courses du mois, en achetant un paquet de couches alors que tu n’as pas d’enfant. Le tout en répondant lors que l’on t’interroge : « oui mais ça pourra toujours servir pour le jour où je serai père. On ne sait jamais, en attendant je vais manger des pâtes un jour sur deux ». Il y a comme un problème tu ne trouves pas ? »

Monsieur Gris (venant sauver le Blanc rêveur qui ne sait quoi répondre, s’exclame) : « C’est sûr que tu as l’art et la manière de présenter les choses. Alors, effectivement, on peut le voir comme ça. Mais l’économie d’un pays, ce n’est pas le genre de choses avec lesquelles on peut jouer. Peut-être l’État à été victime de ce que l’on pourrait appeler le « Syndrome d’Aulnay ». À force de ne pas vouloir reproduire un Aulnay-sous-Bois en perdant des emplois, L’État s’est lancé dans une campagne bien trop coûteuse. Je vous rappelle qu’à l’époque d’Aulnay, des emplois ont bien été perdus, mais PSA est toujours debout et l’on n’a pas dû s’endetter dans un projet sans queue ni tête, juste pour « prendre ses responsabilités ».

L’homme en noir : « Peut-être, mais franchement, est-ce que tu penses qu’acheter des trains c’est le mieux que l’État pouvait faire pour redresser la barre ? Est-ce que tu ne penses pas que sauver 400 emplois et perdre 770 millions, ce n’est pas perdre des milliers d’emplois, plus tard ? Ce n’est pas reculer pour mieux sauter ? Alors oui, la situation est sauve pour le moment. Et quand dans quelques années une autre entreprise coulera alors que L’État aurait pu l’aider, les gouvernants actuels, qui seront dans l’opposition ne se priveront pas de bien rire et de pointer du doigt leurs adversaires ».

Monsieur Gris (sombre au moment de conclure) : « L’avenir nous le dira ».

Le Distrait

Si l’info de la semaine était une musique…

Pourquoi ne pas réfléchir quelques instants à une autre manière de résumer l’information ? Ne serait-il pas possible d’imaginer une musique susceptible de la décrire ?

Concentrons nous deux secondes… Je ne vais pas vous demander de fermer les yeux… Ce serait stupide… Mais si on y réfléchit, construire une mélodie à l’aide de l’actualité récente pourrait être une belle expérience.

Je m’explique, voilà pour moi ce que ça pourrait donner…

D’abord des caisses claires, et une grosse caisse, en fond, pour lancer la musique. Il faut qu’elles aient un rythme élevé, que ça envoie… C’est la Syrie, les bombes, les rafales des mitraillettes rebelles, les bâtiments qui s’écroulent… Vous les entendez ? Pas trop hein, il faut que ça reste sourd, lointain, que ça n’influe pas sur notre perception de notre belle vie d’occidentaux. C’est un bruit de fond, on sait que c’est là…

Dans un second temps, il nous faut un instrument à vent, parce que oui, cette semaine, l’ouragan Matthew a fait des siennes, et il a soufflé très fort. On va partir sur un son grave, et le plus important, c’est qu’on ne l’entende pas toujours super fort vous voyez ? Par exemple, lorsqu’il dévaste les petites îles perdues dans l’Atlantique et les pays qui ne nous intéressent pas des masses, c’est un son très léger. On le sent, bien présent, mais ce n’est qu’un ronflement… mais dès que l’ouragan s’invite dans un endroit plus sexy comme la Floride, c’est un solo, puissant, touchant, forcément, qui prend aux tripes. Puis de nouveau, l’instrument se met en sourdine…

N’oublions pas les claquettes, ces candidats du UPIK, le parti d’extrême droite britannique, qui se donnent la réplique dans des distributions de gnons au sortir de leurs réunions. Un accompagnement musical bien viril, qui respire l’intelligence et la bonne ambiance !

Soudain un violon débarque, puis deux, puis trois ! Les politiques se mettent à broder, ils vont sauver le pays, ils l’aiment, ils nous aiment. Certains se donnent la réplique, se chamaillent, les notes montent d’un ton, le tout est parfait, virevoltant… Dommage que les musiciens jouent toutes les semaines le même air…

Et enfin, la cantatrice, la personne qui rend la musique de la semaine belle, ou pas… Cette semaine, on vous l’avoue, ça a chanté faux… La pôv Kim K s’est faîte braquée, et malheureusement, les ingénieurs du son, ceux qui font vivre les infos au travers de leur média respectif, ont clairement branché le micro trop fort ! Pendant un moment, on a perdu les caisses claires, on a oublié les claquettes, et les violons se sont ternis…

Elle a même bouffé le solo de Matthew !

L’homme en noir

Alep, ville oubliée

Comme l’a dit un grand parolier dans l’une de ses chansons, « … À la mémoire de nos frères dont les sanglots si longs faisaient couler l’acide » Aujourd’hui, nos frères meurent sous les bombes et sont abandonnés à leur sort. Alep est sous les bombes.

Berceau de l’humanité, cette ville n’est plus qu’un amas de pierres et de corps, de trous de mortier et de bâtiments éventrés, de sang et de larmes. N’en déplaise au Ministère du Tourisme syrien qui dans une vidéo d’une indécence rare vante la beauté de cette ville que Bashar et ses alliés bombardent tous les jours.

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-Capture d’écran- Un quartier d’Alep, détruit par les assauts… encore, encore, et encore…

Pourquoi nos frères ? C’est loin la Syrie. Tout simplement parce que ces personnes sont victimes de la folie humaine sont nos frères au même titre que tous les habitants de cette planète. Une idée assez nunuche en somme. Et pourtant, il est devenu vital de la rappeler à une époque où tout le monde se méfie de tout le monde. Plus d’une dizaine de milliers de personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards, sont morts dans le feu géant qu’est devenu Alep depuis plus de quatre ans.

Cette ville, symbole de la naissance de l’humanitaire il y a 5000 ans est aujourd’hui le symbole mondial de la barbarie. Chaque jour, des avions syriens ou occidentaux survolent ce champ de désolation qu’est devenu Alep et y sèment la mort. Dans quel but ? Lutter contre les forces rebelles au pouvoir du désormais Tout-puissant Bashar Al-Assad.

Un dictateur de la pire espèce, un Néron du XXIème siècle, soutenu par le chantre de la démocratie, Vladimir Poutine et toléré par les Européens et les USA puisque rien n’est fait pour le déloger. Pourtant, sans compter les années de dictature qui ont précédé, depuis 2011, la Syrie est déchirée par une guerre civile terriblement meurtrière. Hasard du calendrier ou phénomène qui découle des Révolutions Arabes, l’État Islamique a éclos au niveau international quelques mois après. Bashar Al-Assad y voyant des ennemis décide de les affronter en même temps qu’il massacre son propre peuple… Vous suivez l’histoire ? Il obtient alors ce que l’on pourrait considérer comme étant un totem d’immunité. L’ONU dénonce, mais n’agit pas, les gouvernements occidentaux en font de même et Poutine décide carrément de s’allier à lui. Devenu fief des rebelles, Alep devient alors une cité assiégée dans laquelle les 3 millions d’habitants doivent survivre entre bombes et milices. Mais que faire pour agir ? À l’heure où Gary Johnson, candidat à la présidence des États-Unis pour le Parti libertarien, n’a jamais entendu parler d’Alep, comment s’étonner de l’absence de réaction.

Évidemment, par moment – comme c’est le cas actuellement – les médias recentrent leur attention sur la bataille d’Alep, mais à quoi bon ? De la même manière que pour la photo du jeune Aylan, les gens sont choqués, ils s’indignent puis passent à autres choses. Tellement humain malheureusement… Au final, c’est à se demander si la situation n’est pas désespérée dans ce contexte-là. De quoi arriver – naïvement à presque espérer que les élections présidentielles américaines et françaises changeront la donne.

 

L’homme en noir