Alep, ville oubliée

Comme l’a dit un grand parolier dans l’une de ses chansons, « … À la mémoire de nos frères dont les sanglots si longs faisaient couler l’acide » Aujourd’hui, nos frères meurent sous les bombes et sont abandonnés à leur sort. Alep est sous les bombes.

Berceau de l’humanité, cette ville n’est plus qu’un amas de pierres et de corps, de trous de mortier et de bâtiments éventrés, de sang et de larmes. N’en déplaise au Ministère du Tourisme syrien qui dans une vidéo d’une indécence rare vante la beauté de cette ville que Bashar et ses alliés bombardent tous les jours.

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-Capture d’écran- Un quartier d’Alep, détruit par les assauts… encore, encore, et encore…

Pourquoi nos frères ? C’est loin la Syrie. Tout simplement parce que ces personnes sont victimes de la folie humaine sont nos frères au même titre que tous les habitants de cette planète. Une idée assez nunuche en somme. Et pourtant, il est devenu vital de la rappeler à une époque où tout le monde se méfie de tout le monde. Plus d’une dizaine de milliers de personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards, sont morts dans le feu géant qu’est devenu Alep depuis plus de quatre ans.

Cette ville, symbole de la naissance de l’humanitaire il y a 5000 ans est aujourd’hui le symbole mondial de la barbarie. Chaque jour, des avions syriens ou occidentaux survolent ce champ de désolation qu’est devenu Alep et y sèment la mort. Dans quel but ? Lutter contre les forces rebelles au pouvoir du désormais Tout-puissant Bashar Al-Assad.

Un dictateur de la pire espèce, un Néron du XXIème siècle, soutenu par le chantre de la démocratie, Vladimir Poutine et toléré par les Européens et les USA puisque rien n’est fait pour le déloger. Pourtant, sans compter les années de dictature qui ont précédé, depuis 2011, la Syrie est déchirée par une guerre civile terriblement meurtrière. Hasard du calendrier ou phénomène qui découle des Révolutions Arabes, l’État Islamique a éclos au niveau international quelques mois après. Bashar Al-Assad y voyant des ennemis décide de les affronter en même temps qu’il massacre son propre peuple… Vous suivez l’histoire ? Il obtient alors ce que l’on pourrait considérer comme étant un totem d’immunité. L’ONU dénonce, mais n’agit pas, les gouvernements occidentaux en font de même et Poutine décide carrément de s’allier à lui. Devenu fief des rebelles, Alep devient alors une cité assiégée dans laquelle les 3 millions d’habitants doivent survivre entre bombes et milices. Mais que faire pour agir ? À l’heure où Gary Johnson, candidat à la présidence des États-Unis pour le Parti libertarien, n’a jamais entendu parler d’Alep, comment s’étonner de l’absence de réaction.

Évidemment, par moment – comme c’est le cas actuellement – les médias recentrent leur attention sur la bataille d’Alep, mais à quoi bon ? De la même manière que pour la photo du jeune Aylan, les gens sont choqués, ils s’indignent puis passent à autres choses. Tellement humain malheureusement… Au final, c’est à se demander si la situation n’est pas désespérée dans ce contexte-là. De quoi arriver – naïvement à presque espérer que les élections présidentielles américaines et françaises changeront la donne.

 

L’homme en noir


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