L’Enfer est à Alep

Boum Boum Boum Boum… Vous l’entendez cette douce litanie, à l’autre bout du continent ?

Non, vous ne pouvez pas, c’est normal. À cette distance, vous ne pouvez qu’ouïr quelques minables échos, transportés par les journaux ou par les réseaux sociaux.

De quoi je vous parle ? Allons, vous ne devinez pas ? Eh bien des bombes, évidemment. Des bombes qui n’en finissent plus de tomber sur Alep, en Syrie. Les bombes, toujours les mêmes, qui nous ont déjà poussés à écrire quatre papiers à ce sujet depuis la création du Distrait. Ces bombes qui sans arrêt labourent les ruines des ruines.

Combien de jours, de semaines sont passées depuis que le dernier immeuble debout est tombé ? Combien de temps encore va-t-il falloir attendre avant de pouvoir rayer de la carte la ville d’Alep ?

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Bien sûr, le bilan matériel n’est sans doute pas le plus important à nos yeux. Un bâtiment, ça casse, mais ça se reconstruit. Une vie, on ne peut pas la reconstruire.

Les rebelles sont acculés sur leurs dernières fragiles positions, ne pouvant plus contenir l’armée gouvernementale, appuyée par les Russes. Les aides humanitaires internationales, venues soutenir les populations, sont en danger de mort si elles sont prises.

Et que dire des habitants d’Alep, ceux qui fuient, ceux qui se cachent, ceux qui préfèrent mourir que d’abandonner ce qui reste de leur quartier.

Que dire alors de tous ceux qui sont déjà morts…

La dureté de cet article ne se résume pourtant pas à ça, mais plutôt à l’incapacité totale d’agir pour sauver ce qui reste d’espoir, d’humanité. Les sauver des griffes d’acier que sont devenus les immeubles éventrés d’Alep.

Tout le monde voit le brasier, mais personne n’est en capacité de venir l’éteindre.

Les états se neutralisent, les médias n’ont jamais su protéger un enfant des bombes…

Toute forme de soft power n’a plus lieu d’être à Alep, seule la force et la cruauté ont leur place.

Tout ça pour quoi déjà ? Garder la main mise sur un peuple désireux de plus de liberté ? Boh… Ça on l’a oublié…

Alors vous n’avez plus qu’à regarder, à constater, sur les réseaux sociaux, dans les journaux.

L’Enfer est à Alep.

L’homme en noir


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