L’année 2016 est belle !!! Mais si !

Année 2016… Cruelle, il est vrai… Triste à en pleurer même… Attentats, Guerre, Malheur… Voilà le discours de l’Homme en Noir.

Après tout, ce qu’il dit est vrai. On a qu’à faire ça, se lamenter jusqu’à ce qu’un océan de suie nous engloutisse et que l’espoir disparaisse à jamais…

J’ai vu les horreurs de 2016, mais j’ai aussi vu ce qu’il y avait derrière, des petits signes, qui montrent que les hommes se dressent toujours contre la tristesse et les difficultés… Et le plus beau, c’est qu’ils se dressent souvent unis.

Ne voyez vous pas, après chaque attentat, que la communauté internationale se rassemble pour soutenir le pays touché ? Que le pays touché s’unit pour soutenir les familles des victimes ? Que les familles des victimes se consolident après avoir perdu l’un des leur ?

Chaque fois, Français, Allemands, Belges, Polonais, Norvégiens… se relèvent ensemble.

N’est-ce pas beau ?

N’est-ce pas beau de voir que ceux qui suivent la destruction d’Alep, impuissants de l’autre côté de la Méditerranée, ont les larmes aux yeux… Ce n’est pas si ironique que ça…

Les États se neutralisent, se détestent mutuellement… C’est laid… Mais les citoyens, ceux qui sont témoins de la vraie vie, qu’en ont-ils à faire ? Eux, ils rient chaque jour, s’amusent, lisent, sortent… Des plaisirs simples qui, ma foi, existent encore.

Les sans-abris, tristes récifs sur la chaussée, qui ont une vie bien plus difficile que n’importe qui d’autre, sont toujours aidés, à coup de moyens forts modestes, certes, mais ceux qui veulent leur bien, qui veulent les sortir de là, existent encore, même en 2016 : année de merde.

Car oui, comme chaque année, de belles actualités tombent. Un propriétaire d’immeuble loue des appartements à des sans-abris pour une somme misérable. Ce n’est pas du business… Les gestes de cette trempe aussi existent encore !

Tout autre chose, ne l’avez vous pas vu, cet été ? Les Jeux Paralympiques n’ont jamais eu autant de résonance dans le monde entier, le sport adapté, en plus de ne plus choquer, passionne, et c’est le handicap qui, au final, se retrouve plus accepté, plus compris.

De nouvelles idées énergétiques, tournées vers l’environnement et le développement durable germent chaque jour dans la tête de citoyens indépendants. On tente de lancer la reforestation des zones les plus touchées par le défrichage compulsif.

Le futur de la planète a été compris par le plus grand nombre…

Ces réalités cachent sans doute extrêmement mal la marche actuelle du monde… Mais ce sont de petits pas vers l’optimisme et l’espoir… Ou qui permettent de s’éloigner du fatalisme, du désespoir… non ?

Le blanc rêveur

Hollande, président normal

Coup de théâtre sans précédent dans l’Histoire de la République. Un président en place annonce aux Français qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession… Du jamais vu.

Moi, le blanc rêveur, j’en aurais presque versé une larme, tant l’instant fut beau, fut fort.

Un instant magnifique où un homme, qui s’est battu pour des idées pendant 5 ans, triomphant parfois, se noyant souvent, accepte de se retourner, d’analyser ses échecs et ses victoires, d’appréhender ce que recherche son camp politique, de comprendre, enfin, ce que veulent les Français.

Les Français ne le voulaient plus, ça, il a dû le comprendre. Son camp voulait insuffler un nouveau souffle, contrer le surprenant François Fillon par une primaire qui rassemblerait les socialistes, faire revenir des limbes la gauche plurielle.

Alors le président de la République Française a décidé de s’effacer.

Il va poursuivre son mandat, tranquillement, en tentant de le clore sur de belles notes.

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– capture d’écran – François Hollande ne sera pas candidat en 2017.

AH PARDON MAIS J’EN REVIENS TOUJOURS PAS !!!!

C’est fou ! Personne ne s’attendait à ça !

En une phrase, il est remonté dans l’estime de beaucoup de Français, et l’on pourra dire, dans quelques années ceci :

François Hollande a été le président le plus normal que l’on ait jamais eu, et par normal, comprenez humain. Il a fait ce qu’il pouvait, il a été manipulé, (forcément), il s’est entêté, (forcément), il s’est trompé, (forcément), mais il est resté lucide sur son quinquennat.

Des livres sont sortis, des articles sont passés, des témoignages ont fait surface, le montrant imbu de lui-même, ultra ambitieux… C’est que c’est sans doute vrai. Cependant, hier, il nous a prouvé qu’il aura respecté au moins une de ses promesses de campagne : Être un président normal : tu rates, tu t’en vas.

Il est venu, il a vu… il a été vaincu, mais lorsqu’il s’en ira, il s’en ira en monsieur.

 

Le blanc rêveur

Le ciel comme seul toit

Le blanc rêveur a pleuré fort cette semaine, très fort même. Il se baladait, tard le soir, dans les rues de sa ville, un vendredi soir… Vous connaissez le blanc rêveur, amoureux de tout, de rien, amoureux de la fête aussi, du rire, des larmes…

Ce soir-là, le blanc rêveur s’est vu de haut, dans un état second, son corps marchait gaiement, son esprit, plus flottant, s’amusant de se voir ainsi amener.

À faire le pitre, le blanc rêveur a fini par se faire mal, forcément. Il a ralenti le pas, a pris le temps. Quand on va moins vite, ce qui nous entoure prend de l’importance.

Cette importance, elle s’est portée sur un groupe de clochards, assis, sous un porche, avec des couvertures, de gros manteaux usés, pour se protéger du froid qui vient, lancinant, en cette fin octobre, ce froid qui mord, surtout quand on reste dehors…

Sans leur adresser un mot, le blanc rêveur s’est délesté d’un petit billet. À cet instant, c’était sa manière à lui de les accompagner.

Retrouvant le sourire, fier de son geste, il a poursuivi sa route en souriant, emporté par ses compagnons.

Coup du sort ? Il n’en saura jamais trop rien, ce qui est sûr, c’est qu’une heure plus tard, le blanc rêveur a rebroussé chemin, il est revenu voir ces hommes, cette femme, qu’il avait croisés, à qui il avait donné un billet.

Ces hommes, cette femme, qui n’avaient pas bougé, eux, quand le blanc rêveur et ses amis s’amusaient, parlaient de filles, parlaient d’acheter une quille, de quoi se désaltérer après cette dure journée…

Bref, ils sont repassés.

Ils sont repassés, et cette fois, se sont arrêtés. Ils ont discuté, se sont révoltés, ont rigolé… un peu.

Une soirée qui fait du bien, qui change, on se rapproche, on s’accroche… sous un porche…

Après quelques dialogues animés, après que le blanc rêveur ait appris ce qu’il était arrivé à leur vie, un des hommes lui a demandé s’il avait internet sur son smartphone. Bien entendu, le blanc rêveur, privilégié, en avait. Il a prêté le smartphone, a vu l’homme chercher ce qu’il voulait.

Une musique instrumentale, des basses, puissantes, des caisses claires, vibrantes… Après quelques secondes, l’homme s’est mis à chanter, d’une voix acide, presque agressive, il parlait de lui, de sa vie ici. Il disait qu’il en souffrait, qu’il voulait travailler… Un texte très bien tourné, léché, des paroles crues, mais élégantes… Belles quoi…

D’un coup d’un seul, le blanc rêveur s’est mis à pleurer, à pleurer fort, à pleurer vrai. Incapable de comprendre pourquoi cet homme, à la plume si affûtée, si maline, en était réduit à espérer chaque nuit un peu de soutien, une pièce, pour pouvoir survivre. Meurtri aussi par leur douleur, la douleur de n’avoir aucun toit pour se protéger, la seule vitre d’un magasin comme oreiller, leur situation visuelle pour être jugés…

Pendant une bonne dizaine de minutes, le blanc rêveur est resté effondré en larmes, réconforté chaudement par ceux qu’il pleurait…

Une fois calmé, le blanc rêveur s’est finalement levé, pour de nouveau se plonger dans sa soirée.

Après quelques embrassades, le groupe s’en est allé, mais seul le blanc rêveur sait à quel point cet instant s’est gravé dans ses pensées.

Le blanc rêveur

Cet argent qui ne fait pas le bonheur

On se plaint. C’est un fait clairement établi : le Français moyen se plaint, revendique, demande, ordonne, réclame, mais n’est jamais content de ce qu’il a. A tort ou à raison, là n’est pas le problème, l’Hexagonal est ronchon et ce, nativement, presque génétiquement.

Pas moi bien-sûr, je suis rêveur et ne me perds jamais dans les méandres de la morosité. Mais est-ce vraiment mieux ailleurs ? Est-ce que le peuple français a raison de se plaindre autant ? Bien-sûr on peut toujours demander plus, mieux et plus vite. Pour me rendre compte de la gravité de la situation, je suis allé faire un tour du côté de nos voisins espagnols qui, dit-on dans certains milieux, sont proches de la misère socialement, économiquement et politiquement.

Difficile d’argumenter sur le côté politique. L’Espagne n’a pas vraiment de gouvernement et même moi je ne suis pas assez optimiste pour y voir un autre côté positif que l’éclatement du sempiternel clivage gauche/droite. Pour le reste, il y aurait beaucoup à dire mais une chose est certaine : l’Espagnol vit mieux que le Français.

Un paradoxe.

En somme, les Français ont bien plus de raisons de bien vivre au quotidien mais décident sciemment de ne pas le faire alors que les Espagnols vivent des temps plus difficiles mais gagnent quotidiennement en qualité de vie. Plus encore, ils avancent là où l’on recule. Contraste étonnant entre ce que l’on pense et la réalité. A tel point que mes homologues plus sombres ne m’ont pas cru et m’ont targué de naïf.

Mais il n’en est rien, ce sont les faits.

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Les ramblas de Barcelone… Là-bas, les gens sont moins riches que nous… Mais n’en ont rien à faire !

Lorsque l’on se balade dans les rues en Espagne, toutes les terrasses sont pleines et les gens vivent dehors, profitant de la vie, criant à pleins poumons leur enthousiasme. Et ce, avec 764 euros de SMIC par mois et alors que la vie est aussi chère qu’en France.

À titre de comparaison, en France c’est 1466 euros, soit pratiquement le double par mois. Alors oui, nous avons raison de demander plus, mais tout de même, la vie est bien plus douce dans un pays dont les habitants gagnent moins. Cela ne doit pas être une question d’argent alors, je dois chercher ma réponse ailleurs. L’immobilier ou l’emploi alors, il doit être plus facile de se loger et de trouver un emploi en Espagne qu’en France.

Que nenni. L’immobilier dans les grandes villes ibériques est au moins aussi cher qu’en France (si ce n’est plus) et le taux de chômage crève les plafonds. À tel point qu’il devient fréquent de voir s’exercer du chantage à l’emploi, consistant à faire accepter sensiblement ce que l’on veut à l’employé qui devra s’exécuter sous peine de se voir remercié. Mais alors les Espagnols ont tout pour être dans notre position d’éternels insatisfaits. Peut-être sont-ils tout simplement résignés à leur sort ? Comme s’ils ne pouvaient pas aspirer à mieux que ce qu’ils ont…Mais non…Si l’on prend pour exemple les Catalans, on se rend bien compte que c’est faux.

Pour en avoir rencontrés quelques-uns, ils créent eux-mêmes des partis apolitiques pour s’extraire du « marasme économique » dans lequel les met, selon eux, le gouvernement central de Madrid. Une initiative 100% populaire pour obtenir des avancées. Une sorte de révolution. Le genre d’avancées dont on est bien loin en France. Il doit être plus facile de se plaindre de l’UMPS comme certains l’appelaient en votant bleu marine. Alors même si elle me passe au dessus, cette morosité, je veux la comprendre. S’il n’est ni économique ni social, peut-être le malaise est-il plus profond. Peut-être cultivons-nous trop notre défiance envers l’autre pour nous rendre compte que l’on n’est pas si mal en France.

Peut-être qu’à force de tourner en rond on ne peut plus enrayer la spirale autodestructrice qui nous anime à tel point que nous l’oublions trop facilement : s’il est plus facile de se plaindre il est autrement plus salvateur de réaliser que la vie est trop courte pour ne pas en profiter.

 

 

Le blanc rêveur

Profitez de votre automne

19 heures, mi-octobre, déjà le crépuscule… Petit, je me serais sans doute blotti dans un coin d’une pièce, à me remémorer les beaux jours d’été…

Aujourd’hui, c’est différent, je n’ai plus peur de l’automne, au contraire, je l’apprécie, du mieux que je le peux… Pourquoi ? D’abord parce que c’est beau, l’automne…

Et puis, je me suis promis il y a bien longtemps de toujours profiter de ce que j’avais. J’imagine aisément que des êtres humains, comme moi, si loin géographiquement, donneraient toutes les richesses du monde pour être à ma place, à regarder le ciel bleu devenir orange, à rattraper une feuille morte dans sa chute, à s’émerveiller devant un vol d’oiseaux migrateurs… des choses si simples…

Alors j’imagine aisément un Haïtien, père de famille, en larmes, mais debout, perdu dans un pays qui n’est plus le sien, un pays dévasté par l’ouragan Matthew, rongé par le choléra…

J’imagine aisément cet homme en larmes prêt à troquer sa force, son courage, pour se mettre à ma place, à moi.

Pour se mettre à la place du type qui brasse son air en vivant bien.

Pour se mettre à la place du type qui n’a que son esprit pour imaginer son horreur.

Pour se mettre à la place du type qui n’a que ses yeux pour voir ce que cet homme en larmes a vécu, que ses doigts pour écrire ce que cet homme en larmes vivra, à des milliers de kilomètres de chez lui…

 

Le blanc rêveur

Espoir en marche (arrière)

En ces temps politiques troublés par l’approche de l’échéance de 2017, nul sentiment ne fait plus recette que l’espoir.

Un espoir qui laisse de marbre l’Homme en noir dont ce n’est pourtant pas la couleur. Lorsque l’on m’a dit que le chômage reculait, que l’économie repartait, que l’on se dirigeait vers un coin de ciel bleu dans l’orage, la flamme de l’espoir s’est soudainement ravivée. Mon espoir, une source d’énergie que je pensais inépuisable car sans cesse renouvelée. Une flamme pourtant bien vite éteinte par une autre, tricolore. Une flamme portée aux nues par de plus en plus de partisans aveuglés par le blond de sa lumière sans se souvenir qu’à trop vouloir jouer avec le feu on se brûle. Son but est simple, éteindre toutes les autres, cette fois, sans distinction de couleur. La mienne n’y résistera pas longtemps je le crains, car sans volonté, l’espoir est fou, faible et corruptible. Car enfin, qui ne veut pas avoir d’espoir. Moi le premier je me laisse bien volontiers prendre au jeu. Et c’est là le danger. Alors que la flamme nationale monte, la mienne s’étiole. Comment alors retrouver l’espoir ? Comment raviver un feu dans la tempête ? L’espoir, c’est là tout ce que je recherche. Et certains sont prêts à m’en donner. Beaucoup. Trop peut-être…

L’espoir, de nos jours ce n’est plus vraiment un sentiment, mais plutôt une idée. On ne ressent plus l’espoir, on aime simplement l’idée que l’on s’en fait. En ce sens, je ne juge plus la politique et ses chimères par ses actes, mais bien par ses paroles. Non plus par ses lois, mais plutôt par ses slogans.

Un état de fait connu de tous mais qui entraîne la rage de l’Homme en noir qui m’enjoint à réfléchir : « En 2017, tu penses donner ton vote à un slogan, à un écran de fumée ou à ce qui se trouve derrière. En gros, penses-tu sacrifier ton intelligence sur le bûcher des vanités de la politique française ». De là je réfléchis : « L’Homme en noir exagère. Il va trop loin. Je suis compatissant mais je n’en suis pas pour autant un faible d’esprit ».

Mais après réflexion, La politique autrement, Le changement c’est maintenant, n’est-ce pas là une autre façon de masquer une ambition politique devenue dévorante. N’est-ce pas là un moyen de se faire mettre en avant, sous couvert d’une dévotion sans faille. Quand revient alors sur la pointe des talonnettes un habitué de ce genre de tartuferies, il convient peut être de s’interroger, me suggère l’Homme en gris : « Comment promettre de tout donner pour la France quand on lui a déjà tout pris ? Comment imaginer demain, quand on est la cause d’aujourd’hui ? » Devant tant de questions, je parviens enfin à comprendre pourquoi certains quittent le navire. Peut-être est-ce pour mieux repartir seul. Mais enfin, avec tant de casseroles accrochées au pied, comment espérer rejoindre à la nage un bateau ? Même si celui-ci est en train de couler ?

Face à une scène si grotesque difficile de trouver l’espoir, même lorsque l’on rêve… Car enfin, même dans notre imaginaire, je me demande bien qui incarnerait à l’heure actuelle la flamme de l’espoir sans piocher dans les braises toujours incandescentes de la flamme nationaliste…

 

Le blanc rêveur

Tragédie à l’italienne

23 août 2016, 3h35, région du Latium, centre de l’Italie. Une nuit paisible, comme celle de la veille, sans doute même, comme celle de l’avant-veille. Et puis… les plafonds se sont effondrés sur les doux dormeurs… La terre a tremblé, faisant chuter voitures, habitations, clochers, dans des précipices que le séisme, de magnitude 6.2 sur l’échelle de Richter, s’est amusé à creuser.

Quelques heures après le drame, quand le monde s’est éveillé, il y avait 38 morts, des centaines de blessés, pour venir lui souhaiter la bonne journée. Il y en a désormais plus de 250.

Que décrire d’un séisme ?… Eh oui… compliqué… Alors je ne m’y attarderai pas. Plus d’abri, plus de nid… plus de vie… Que faire en effet quand son toit, en qui on avait toute confiance, qui nous protégeait contre vents et marées, s’effondre comme un château de cartes assailli par une bourrasque ? Rien…

Dans ce chaos, sous le choc, femmes et hommes ont pourtant décidé de rester debout… De rester debout pour ceux qui ne le pouvaient plus, coincés sous les décombres, écorchés par des chutes de pierre. Alors, sans les secours, incapables d’intervenir du fait des routes bloquées et des ponts effondrés, ils ont lutté, hagards, contre les gravats, la fatigue, contre la mort, pour les autres… Ils ont lutté, toute la nuit, ont pleuré, hurlé, jusqu’à voir la cavalerie arriver, jusqu’à voir le soleil se lever, jusqu’à n’en plus pouvoir, tout simplement.

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– Capture d’écran Le Monde – Le soleil se lève juste sur les débris de ce qui était il y a quelques heures un village de la région du Latium. Les habitants des alentours, unis, soulèvent à bout de bras un blessé.

Dans ces moments d’horreur, dans ces instants de peur, comment ne pas s’émerveiller devant la force des hommes, rassemblés derrière un même sentiment, une même tristesse, un même espoir ? Comment peut-on ignorer leur courage, leur rage, l’envie de vivre, de faire vivre ? Après le tremblement de terre, c’est la grâce qui a enveloppé les villages du centre de l’Italie. Et si dans les mémoires, c’est l’ombre qui restera, moi, le blanc rêveur, je ne retiendrai que l’ardeur, la valeur, de ceux qui, face aux caprices de la nature, se sont levés… Je retiendrai l’énorme élan de solidarité national, mondial même, que cette catastrophe a permis de créer… Je retiendrai enfin, par ces scènes de retrouvailles, ces sauvetages inespérés, l’émotion de ceux qui représentent si bien les valeurs de l’humanité.

Le blanc rêveur